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Sujets de français du BAC 2017, séries A1, A2, B, C, D, E et H, avec corrigé

Le jour de l’examen, chaque candidat choisit un des 3 sujets de français. Les voici tous, tels qu’ils ont été donnés en 2017 aux séries A1, A2, B, C, D, E et H, avec le corrigé de la première question du sujet 1.

  • Durée : 4 heures
  • Coefficient 2
  • Noté sur 20
  • 3 sujets au choix

Ce que couvre le sujet

Sujet 1 : questions, résumé, production écrite
Le texte « La non-violence » (Martin Luther-King, Combats pour la liberté , Payot, 1975.) : 3 questions, dont un QCM. Un résumé de texte.
Sujet 2 : commentaire composé
Un texte tiré de Guy de Maupassant, Clair de lune , « Nuit Cauchemar », Editions Ollendorf, 1888.
Sujet 3 : dissertation littéraire
L’énoncé complet est ci-dessous.

Comment le travailler

  • Le jour de l’examen, vous traitez un seul des 3 sujets. Prenez cinq minutes pour choisir, puis tenez-vous à votre choix.
  • Gardez du temps pour relire : l’orthographe et la syntaxe sont notées.
  • Lisez le texte deux fois : une fois pour le sens général, une fois crayon en main.
  • Dans le commentaire, chaque idée s’appuie sur une citation courte du texte.

L’énoncé complet

BAC 2017 · Français

Sujet officiel du BAC 2017, Côte d’Ivoire (A-B-C-D-E-H).

Français, séries A-B-C-D-E-H. Durée : 4 h · Coefficient : 3 en série A, 2 en séries B-C-D-E-H · 20 points. Le candidat traite UN des trois sujets.

Sujet 1 : questions, résumé, production écrite

Exercice 1 · I- QUESTIONS : (04 points) · 4 points

Premier sujet : Résumé de texte argumentatif

La non-violence

Soulignons tout d'abord que la résistance non-violente n'est pas destinée aux peureux ; c'est une véritable résistance ! Quiconque y aurait recours par lâcheté ou par manque d'armes véritables, ne serait pas un vrai non-violent. C'est pourquoi, Gandhi a si souvent répété que, si l'on n'avait le choix qu'entre la lâcheté et la violence, mieux valait choisir la violence. La voie de la résistance non-violente est d'ailleurs le choix des forts, car elle ne consiste pas à rester dans un immobilisme passif. L'expression « résistance passive » peut faire croire à tort à une attitude de « laisser-faire » qui revient à subir le mal en silence. Rien n'est plus contraire à la réalité. En effet, si le non-violent est passif, en ce sens qu'il n'agresse pas physiquement l'adversaire, il reste sans cesse actif de cœur et d'esprit et cherche à le convaincre de son erreur. C'est effectivement une tactique où l'on demeure passif sur le plan physique, mais vigoureusement actif sur le plan spirituel. Ce n'est pas une non-résistance passive au mal, mais bien une résistance active et non-violente.

En second lieu, la non-violence ne cherche pas à vaincre ni à humilier l'adversaire, mais à conquérir sa compréhension et son amitié. Le résistant non-violent est souvent forcé à s'exprimer par le refus de coopérer ou les boycotts, mais il sait que ce ne sont pas là des objectifs en soi. Ce sont simplement des moyens pour susciter chez l'adversaire un sentiment de honte. Il veut engendrer une communauté de frères, alors que la violence n'engendre que haine et amertume.

Troisièmement, c'est une méthode qui s'attaque aux forces du mal et non aux personnes qui se trouvent être les instruments du mal. Car c'est le mal lui-même que le non-violent cherche à vaincre, et non les hommes qui en sont atteints. Quand il combat l'injustice raciale, le non-violent est assez lucide pour voir que le problème ne vient pas des races elles-mêmes. Comme j'aime à le répéter aux habitants de Montgomery : « le drame de notre ville ne vient pas des tensions entre Noirs et Blancs. Il a ses racines dans ce qui oppose la justice à l'injustice, les forces de lumière aux forces des ténèbres. Et si notre combat se termine par une victoire, ce ne sera pas seulement la victoire de cinquante mille Noirs, mais celle de la justice et des forces de lumière. Nous avons entrepris de vaincre l'injustice et non les Blancs qui la perpétuent peut-être. »

Quatrième point ; la résistance non-violente implique la volonté de savoir accepter la souffrance sans esprit de représailles, de savoir recevoir les coups sans les rendre. Gandhi disait aux siens « Peut-être faudra-t-il que soient versés des fleuves de sang, avant que nous ayons conquis notre liberté, mais que ce soit notre sang. Le non-violent doit être prêt à subir la violence, si nécessaire, mais ne doit jamais la faire subir aux autres. Il ne cherchera pas à éviter la prison et, s'il le faut, il y entrera « comme un fiancé dans la chambre nuptiale ».

Ici, certains demanderont : « Pourquoi encourager les hommes à souffrir ? Pourquoi faire du vieux précepte de « tendre l'autre joue » une politique générale ? ». Pour répondre à ces questions, il faut comprendre que la souffrance imméritée a valeur de rédemption. Le non-violent sait que la souffrance est un puissant facteur de transformation et d'amélioration : « les choses indispensables à un peuple ne sont pas assurées par la seule raison, mais il faut qu'il les achète au prix de sa souffrance », disait Gandhi.

Cinquièmement, la non-violence refuse non seulement la violence extérieure, physique, mais aussi la violence intérieure. Le « résistant-non-violent » est un homme qui s'interdit non seulement de frapper son adversaire, mais même de le haïr. Au centre de la doctrine de la non-violence, il y a le principe d'amour. Le non-violent affirme que, dans la lutte pour la dignité humaine, l'opprimé n'est pas obligatoirement amené à succomber à la tentation de la colère ou de la haine. Répondre à la haine par la haine ce serait augmenter la somme de mal qui existe déjà sur terre. Quelque part dans l'histoire du monde, il faut que quelqu'un ait assez de bon sens et de courage moral pour briser le cercle infernal de la haine. La seule façon d'y parvenir est de fonder notre existence sur l'amour.

Martin Luther-King, Combats pour la liberté, Payot, 1975.

  1. I.1

    Quelle est la thèse de l'auteur ? (1 point)

  2. I.2

    Expliquez en contexte « résistance passive ». (1 point)

  3. I.3

    Déterminez la visée argumentative de l'auteur. (2 points)

Le corrigé de cet exercice est offert, à la fin de l’énoncé

Exercice 2 · II- RÉSUMÉ : (08 points) · 8 points

Ce texte compte 733 mots. Résumez-le au 1/4 de son volume avec une marge de tolérance de plus ou moins 10%.

  1. II

    Ton résumé : entre 165 et 201 mots (le quart de 733 mots, plus ou moins 10 %). Le compteur sous ta zone de texte t'aide.

Exercice 3 · III-PRODUCTION ÉCRITE : (08 points) · 8 points

  1. III

    Étayez cette affirmation de Martin Luther-King : « la violence n'engendre que haine et amertume ».

Sujet 2 : commentaire composé

Exercice 1 · Deuxième sujet : Commentaire composé · 20 points

Le narrateur avait pris l'habitude de sortir les soirs après le dîner, par passion pour la nuit. Ce soir-là, il s'était attardé dans sa promenade nocturne et il se retrouva dans une ville déserte plongée dans une nuit impénétrable.

Je hurlai : « Au secours ! au secours ! au secours ! »

Mon appel désespéré resta sans réponse. Quelle heure était-il donc ? Je tirai ma montre, mais je n'avais point d'allumettes. J'écoutai le tic-tac léger de la petite mécanique avec une joie inconnue et bizarre. Elle semblait vivre. J'étais moins seul. Quel mystère ! Je me remis en marche comme un aveugle, en tâtant les murs de ma canne, et je levais à tout moment les yeux vers le ciel, espérant que le jour allait enfin paraître ; mais l'espace était noir, tout noir, plus profondément noir que la ville. Quelle heure pouvait-il être ? Je marchais, me semblait-il, depuis un temps infini, car mes jambes fléchissaient sous moi, ma poitrine haletait, et je souffrais de la faim horriblement.

Je me décidai à sonner à la première porte cochère. Je tirai le bouton de cuivre, et le timbre tinta dans la maison sonore ; il tinta étrangement comme si ce bruit vibrant eût été seul dans cette maison.

J'attendis, on ne répondit pas, on n'ouvrit point la porte. Je sonnai de nouveau ; j'attendis encore, – rien !

J'eus peur ! Je courus à la demeure suivante, et vingt fois de suite je fis résonner la sonnerie dans le couloir obscur où devait dormir le concierge. Mais il ne s'éveilla pas, – et j'allai plus loin, tirant de toutes mes forces les anneaux ou les boutons, heurtant de mes pieds, de ma canne et de mes mains les portes obstinément closes.

Et tout à coup, je m'aperçus que j'arrivais aux Halles¹. Les Halles étaient désertes, sans un bruit, sans un mouvement, sans une voiture, sans un homme, sans une botte de légumes ou de fleurs. – Elles étaient vides, immobiles, abandonnées, mortes !

Une épouvante me saisit, – horrible. Que se passait-il ? Oh ! mon Dieu ! que se passait-il ?

Je repartis. Mais l'heure ? l'heure ? qui me dirait l'heure ? Aucune horloge ne sonnait dans les clochers ou dans les monuments. Je pensai : « Je vais ouvrir le verre de ma montre et tâter l'aiguille avec mes doigts. » Je tirai ma montre… elle ne battait plus… elle était arrêtée. Plus rien, plus rien, plus un frisson dans la ville, pas une lueur, pas un frôlement de son dans l'air. Rien ! plus rien ! plus même le roulement lointain du fiacre, – plus rien !

Guy de Maupassant, Clair de lune, « Nuit Cauchemar », Editions Ollendorf, 1888.

NB : Clair de lune est un recueil de nouvelles dont la dernière est intitulée « Nuit Cauchemar ».
1-Halles : ensemble des bâtiments et des installations servant de marché.

Vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous montrerez d'une part, comment le narrateur présente l'atmosphère qui prévaut et d'autre part l'état d'âme du personnage.

Sujet 3 : dissertation littéraire

Exercice 1 · Troisième sujet : Dissertation littéraire · 20 points

Au début de l'ouvrage critique Les Grands traits de la poésie négro-africaine, Jean-Pierre Makouta-Mboukou affirme : « Toute littérature est inséparable de l'histoire ».

Expliquez et discutez cette opinion dans un développement argumenté et illustré d'exemples tirés d'œuvres littéraires lues ou étudiées.

Sujet imprimé depuis scholio.tech. Les corrigés détaillés sont dans l’application Scholio.

Corrigé offert

Corrigé de la question I.1 (exercice 1)

La réponse

Pour Martin Luther King, la non-violence est une véritable résistance, active et courageuse, qui combat le mal et non les hommes, et qui, fondée sur l'amour, est seule capable de briser le cercle de la haine.

La démarche

  1. Barème Scholio : 1.

Les erreurs à éviter

Dire seulement « l'auteur parle de la non-violence » : c'est le thème.

Les corrigés complets des 3 sujets sont dans l’application

Dans Scholio, l’élève traite ce sujet en temps limité, comme le jour de l’examen. À la fin, chaque question est corrigée, avec la démarche détaillée. Il voit tout de suite où il a perdu des points.

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