Sujets de français du BAC 2016, séries A1, A2, B, C, D, E et H, avec corrigé
Le jour de l’examen, chaque candidat choisit un des 3 sujets de français. Les voici tous, tels qu’ils ont été donnés en 2016 aux séries A1, A2, B, C, D, E et H, avec le corrigé de la première question du sujet 1.
- Durée : 4 heures
- Coefficient 2
- Noté sur 20
- 3 sujets au choix
Ce que couvre le sujet
- Sujet 1 : questions, résumé, production écrite
- Le texte « Cinquantenaires …d'indépendances ? » (Albert TEVOEDJRE, in Afrique-Asie , mai 2010, p. 60-61. 694 mots) : 2 questions. Un résumé de texte.
- Sujet 2 : commentaire composé
- Un texte tiré de Zégoua Gbessi Nokan, Cri , édition CEDA, p. 110.
- Sujet 3 : dissertation littéraire
- « La littérature négro-africaine est une littérature de remise en cause et de remise en place.
Comment le travailler
- Le jour de l’examen, vous traitez un seul des 3 sujets. Prenez cinq minutes pour choisir, puis tenez-vous à votre choix.
- Lisez le texte deux fois : une fois pour le sens général, une fois crayon en main.
- Gardez du temps pour relire : l’orthographe et la syntaxe sont notées.
- Pour le résumé, respectez le nombre de mots demandé : il est vérifié.
L’énoncé complet
BAC 2016 · Français
Sujet officiel du BAC 2016, Côte d’Ivoire (A-B-C-D-E-H).
Français, séries A-B-C-D-E-H. Durée : 4 h · Coefficient : 3 en série A, 2 en séries B-C-D-E-H · 20 points. Le candidat traite UN des trois sujets.
Sujet 1 : questions, résumé, production écrite
Exercice 1 · I) QUESTIONS (4 pts) · 4 points
Premier sujet : Résumé du texte argumentatif
Cinquantenaires …d'indépendances ?
Quand un Africain introduit à l'histoire de l'humanité s'interroge sur les cinquante années d'indépendance des pays africains de l'aire francophone, il ne peut que se réjouir que 1960 ait constitué une étape importante dans la marche vers un humanisme universel toujours à construire. Cet intellectuel africain ne peut oublier que 1960 a mis un terme définitif à l'omnipotence du mépris racial et culturel qui fonde l'esclavage et la colonisation.
Le système esclavagiste prolongé dans un régime colonial devait cesser. Il était dégradant et méprisant. L'indépendance proclamée y a mis un terme peut-être relatif. Mais, elle y a mis un terme que l'histoire précisera. C'est à mon avis la seule vraie signification positive de nos indépendances. D'autres aspects sont moins convaincants. Je ne dis pas que l'on n'ait enregistré aucun progrès. Hier, pas d'universités, peu d'ingénieurs, peu d'infrastructures. Tout cela a bien changé.
Mais ce qui n'a pas changé et qui paraît grave, c'est la prise en charge par les Africains d'un système économique qui les maintient dans la dépendance.
Ce qui n'a pas changé, c'est le style de commandement, de gestion des affaires publiques, c'est le mimétisme permanent du mode de vie de l'ancien maître.
Cinquante ans d'indépendance n'ont donc pas fait varier d'un pouce le pacte colonial dans son esprit, ses structures et ses vicieuses conséquences de matières premières fournies à bas prix par l'Afrique qui reçoit en retour, à coût très élevé, des produits de toutes sortes, nécessaires ou non à son développement.
Commémorer un demi-siècle des indépendances africaines doit être l'occasion d'un regard lucide sur des visions étriquées, rapides, superficielles d'un avenir dicté par la peur qu'éprouve une métropole de mettre en péril ses intérêts économiques et financiers et son influence considérable dans la conduite des affaires du monde.
Alors, il faut en déduire la nécessité d'inventer le courage de proposer une autre coopération avec tous les États du monde en commençant par donner vie et crédit à des espaces économiques et culturels porteurs de réelles chances de développement solidaire.
Il faut inventer le courage de profiter de coopérations stratégiques pour produire plus avantageusement des biens et échanger dans un marché prioritairement africain dont les besoins, pour des millions de consommateurs, restent une vraie possibilité d'expansion économique.
Les réjouissances du cinquantenaire seront toujours bienvenues et nul ne s'en privera. Mais, au-delà, il est voulu un horizon de relèvement audacieux, de dignité retrouvée, de vie quotidienne moins aléatoire. Il est nécessaire à cette occasion de susciter une réflexion de première qualité rassemblant intellectuels avisés, opérateurs économiques, acteurs de développement et leaders politiques reconnus et respectés. Cette réflexion devra montrer les progrès, les déficits majeurs des cinquante années de souveraineté limitée qui viennent de s'achever. Elle devra surtout relancer l'espoir en une coopération internationale autrement vécue et autrement gérée parce que privilégiant les grands ensembles africains mis à mal par les indépendances « octroyées » à une mosaïque de minuscules entités satellites. Elle devra offrir des pistes de sortie d'impasses constituées par une division internationale du travail dans un marché mondial où l'Afrique compte pour très peu alors que son marché intérieur reste la première chance de production de biens et d'échanges rémunérateurs pour chacun des États du continent.
Nous n'étions pas seuls il y a cinquante ans à connaître une situation d'économie de traite ou une agriculture primaire. Aujourd'hui, des pays d'Asie que l'on pouvait comparer aux nôtres ont accompli un parcours qui nous fait rêver. Quel a été leur secret ?
Si nous acceptons un examen honnête de ce phénomène, nous conclurons qu'il n'y a pas développement sans vision claire d'un progrès voulu, sans appropriation des techniques, sans formation accélérée des ressources humaines, sans discipline, sans travail assidu, acharné, organisé.
Le mal colonial n'est plus à démontrer et il fallait s'en affranchir.
L'improvisation, le désordre et le refus d'inventer sa propre voie constituent aujourd'hui les éléments qui doivent nous saisir, nous amener à nous révolter contre nous-mêmes et nous conduire à décider de maîtriser autrement les cinquante années à venir.
N'ayons pas peur des mots. L'indépendance signifie le rejet d'un statut, le bouleversement d'un ordre établi. Elle est une révolution.
L'Afrique devra s'y résoudre !
Albert TEVOEDJRE, in Afrique-Asie, mai 2010, p. 60-61.
694 mots
- I.1
Quelle est la thèse défendue par l'auteur ? (2 pts)
- I.2
Expliquez en contexte : « … 1960 a mis un terme définitif à l'omnipotence du mépris racial et culturel qui fonde l'esclavage et la colonisation. » (2 pts)
Exercice 2 · II) RÉSUMÉ (8 pts) · 8 points
Ce texte compte 694 mots. Résumez-le au 1/4 de son volume. Une marge de plus ou moins 10 % est tolérée.
- II
Ton résumé : entre 157 et 190 mots (le quart de 694 mots, plus ou moins 10 %). Le compteur sous ta zone de texte t'aide.
Exercice 3 · III) PRODUCTION ÉCRITE (8 pts) · 8 points
- III
« Ce qui n'a pas changé, c'est le mimétisme permanent du mode de vie de l'ancien maître. »
Dans un développement argumenté illustré d'exemples, étayez ces propos d'Albert TEVOEDJRE.
Sujet 2 : commentaire composé
Exercice 1 · Deuxième sujet : Commentaire composé · 20 points
Zégoua Gbessi Nokan, Cri, édition CEDA, p. 110.
Vous ferez de ce texte un commentaire composé.
Vous montrerez comment le poète à travers son humanisme exprime sa foi en des lendemains meilleurs pour son peuple.
Sujet 3 : dissertation littéraire
Exercice 1 · Troisième sujet : Dissertation littéraire · 20 points
« La littérature négro-africaine est une littérature de remise en cause et de remise en place. »
Dans un développement argumenté et illustré d'exemples précis tirés d'œuvres littéraires lues ou étudiées, expliquez et discutez ces propos d'Emmanuel Dongala.
Sujet imprimé depuis scholio.tech. Les corrigés détaillés sont dans l’application Scholio.
Corrigé offert
Corrigé de la question I.1 (exercice 1)
La réponse
Thèse de l'auteur (corrigé officiel) : l'Afrique doit opérer une révolution des mentalités et des méthodes pour aboutir à une indépendance véritable.
Pour l'auteur, cinquante ans après, les indépendances africaines n'ont pas brisé le pacte colonial (dépendance économique, mimétisme) ; l'Afrique doit inventer sa propre voie (coopération ouverte, marché africain intégré, rigueur) et faire de l'indépendance une véritable révolution.
La démarche
Corrigé officiel (DECO, barème national) : 2 points.
NB de la commission : accepter toute réponse allant dans le sens des idées ci-dessus.
Les erreurs à éviter
Ne retenir que l'aspect positif (la fin du mépris racial).
Les corrigés complets des 3 sujets sont dans l’application
Dans Scholio, l’élève traite ce sujet en temps limité, comme le jour de l’examen. À la fin, chaque question est corrigée, avec la démarche détaillée et les points du barème officiel. Il voit tout de suite où il a perdu des points.
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