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Sujets de français du BAC 2007, séries A1, A2, B, C, D, E et H, avec corrigé

Le jour de l’examen, chaque candidat choisit un des 3 sujets de français. Les voici tous, tels qu’ils ont été donnés en 2007 aux séries A1, A2, B, C, D, E et H, avec le corrigé de la première question du sujet 1.

  • Durée : 4 heures
  • Coefficient 2
  • Noté sur 20
  • 3 sujets au choix

Ce que couvre le sujet

Sujet 1 : questions, résumé, production écrite
Le texte « Pour une nouvelle Afrique » : 2 questions. Un résumé de texte : Résumez ce texte au ¼ de sa longueur initiale, une marge de plus ou moins 10% est tolérée.
Sujet 2 : commentaire composé
Le texte « Le Poète : ».
Sujet 3 : dissertation littéraire
Dans Madame Bovary de Gustave Flaubert, un personnage disait que les ouvrages ne touchant pas le cœur s'écartaient du vrai but de l'art.

Comment le travailler

  • Le jour de l’examen, vous traitez un seul des 3 sujets. Prenez cinq minutes pour choisir, puis tenez-vous à votre choix.
  • Faites un plan au brouillon avant de rédiger : il évite les répétitions.
  • Pour le résumé, respectez le nombre de mots demandé : il est vérifié.
  • Lisez le texte deux fois : une fois pour le sens général, une fois crayon en main.

L’énoncé complet

BAC 2007 · Français

Sujet officiel du BAC 2007, Côte d’Ivoire (A-B-C-D-E-H).

Français, séries A-B-C-D-E-H. Durée : 4 h · Coefficient : 3 en série A, 2 en séries B-C-D-E-H · 20 points. Le candidat traite UN des trois sujets.

Sujet 1 : questions, résumé, production écrite

Exercice 1 · I. QUESTIONS : (4 points) · 4 points

PREMIER SUJET : RÉSUMÉ DE TEXTE ARGUMENTATIF

Pour une nouvelle Afrique

L'Afrique vient de vivre une des années les plus denses de son histoire. En douze mois se sont
succédé la mise au point du Nepad (juillet 2001), le sommet de Durban sur le racisme (septembre), le
lancement du "cycle du développement" de l'OMC à Doha (novembre), la conférence de Monterrey
sur le financement du développement (février 2002), le sommet mondial de l'alimentation (juin), la
réunion "africaine" du G8 à Kananaskis (juin), le lancement de l'Union africaine à Durban (juillet), le
Sommet de Johannesburg sur le développement durable (août).
Au-delà de cette accumulation inédite de manifestations sur l'Afrique et en Afrique, c'est surtout le
contenu du discours sur l'Afrique qui a changé. Au pessimisme de la fin des années 1990, où la chute
spectaculaire de l'aide au développement trahissait un pessimisme généralisé des bailleurs de fonds
(sur l'air de " on a tout essayé, ça ne marche pas"), a succédé un réveil brutal de la communauté
internationale.
Les causes, il faut insister, ont avant tout été externes. Traumatisés par un 11 septembre qui a été
analysé, à juste titre, comme un révélateur des frustrations du "SUD" face à l'inéquité de l'ordre
mondial, ébranlés par les échecs d'un modèle économique qu'ils croyaient universel (récession
durable du Japon, faillite de l'Argentine, scandales Enron/Andersen, WorldCom, Vivendi,
affaissement généralisé des marchés boursiers), définitivement convaincus que les politiques de la
Banque Mondiale et du FMI dans le monde en développement ont été un échec, les pays
industrialisés naviguent en plein doute, s'accusent les uns les autres, multiplient les autocritiques.
Leur désemparement profite aux économistes de gauche (Stiglitz, Rodrik, Jomo, Sen, entre autres),
qui ont retrouvé leur aura, ainsi qu'aux ONG et à la "société civile" qui ont obtenu une écoute et une
attention inédites (exemple du HGO en France). En Afrique, la consultation des "civils" est désormais
un passage obligé de l'élaboration des fameux DSRP, les documents stratégiques pour la réduction
de la pauvreté. En avril dernier, le Directeur Général de l'OMC Mike Moore a tenu à se justifier
publiquement sur un rapport d'Oxfam critiquant le système commercial international ; la chose eût été
impensable il y a quelques années.
Le problème est que personne ne sait par quoi remplacer les recettes d'antan. Plusieurs
"consensus mous" émergent vis-à-vis des pays pauvres : leur désendettement à tout prix, l'allocation
de dons pour les secteurs prioritaires (éducation et santé), la promotion d'un modèle de
développement choisi par les pays eux-mêmes, l'octroi d'un meilleur accès aux marchés du Nord.
Malheureusement, il y a loin des discours aux actes. La mobilisation des esprits ne s'est pas traduite
par un effort financier renouvelé ni par des gestes forts en matière commerciale. Si la volonté fait
défaut, il s'agit plus, à notre sens, d'un problème de leadership, associé à une crainte réelle, au Nord,
d'avoir à faire face à de nouveaux échecs. Le manque de moyens ne peut être invoqué : les montants
en jeu sont en fin de compte faibles. Au niveau commercial les pays pauvres pâtissent enfin d'un
système international instable, où le match euro-américain étouffe largement les autres enjeux, quand
il ne les manipule pas.
L'autre grande tendance de l'année écoulée, qui explique aussi pourquoi l'Afrique s'est retrouvée au
cœur de l'agenda international, est celle de la prise de parole des Africains eux-mêmes. Celle-ci est
indépendante de la conjoncture internationale : Le Nepad est de conception africaine, la transition de
l'OUA vers l'Union est une décision africaine, la préparation d'une saisine de l'OMC sur le dossier
cotonnier est d'initiative africaine. Il faut en conclure, pour s'en réjouir, que l'Afrique prend enfin la
place qui lui revient dans le débat international. Le complexe colonial a vécu et c'est tant mieux.
Pour autant, on ne peut pas être totalement optimiste. Car l'Afrique est au milieu du gué, s'efforçant
de s'inventer un avenir mais refusant de réellement tourner le dos aux pratiques anciennes. On l'a dit
et répété dans ces colonnes, les pays africains sont minés par la mauvaise gestion, où l'incompétence
et la mauvaise volonté politique (et administrative) l'emportent largement sur la corruption. Ce
phénomène de corruption, on le sait, obsède les bailleurs anglo-saxons, mais toutes les études ont
montré que son impact sur l'économie réelle est, à quelques exceptions près, marginal.
Après la (re)prise de conscience, l'heure est aux actes. Les deux parties doivent cesser de
s'invectiver et se rejeter mutuellement les torts. Aux Africains de mettre en place cette culture de la
responsabilité qui les rendra crédibles dans leurs revendications, aux pays industrialisés de sortir de
leur position hésitante en clarifiant leurs modes d'intervention et en levant le doute sur leurs intentions.
Le partenariat Nord-Sud a besoin de confiance et de clarté. Les choses sont finalement assez
simples.

Sébastien de Dianous, tiré de l'hebdomadaire Marchés tropicaux et méditerranéens
du vendredi 19 juillet 2002, N° 2958, P.156.

850 Mots

  1. I.1

    Selon l'auteur, quels sont les facteurs qui expliquent la fin de l'afro-pessimisme et le regard nouveau de l'Occident sur l'Afrique ? (2 points)

  2. I.2

    Expliquez en contexte la phrase suivante : « Le complexe colonial a vécu et c'est tant mieux ». (2 points)

Le corrigé de cet exercice est offert, à la fin de l’énoncé

Exercice 2 · II. RÉSUMÉ : (8 points) · 8 points

Résumez ce texte au ¼ de sa longueur initiale, une marge de plus ou moins 10% est tolérée.

  1. II

    Ton résumé : entre 192 et 233 mots (le quart de 850 mots, plus ou moins 10 %). Le compteur sous ta zone de texte t'aide.

Exercice 3 · III. PRODUCTION ÉCRITE : (8 points) · 8 points

  1. III

    En vous appuyant sur des exemples précis tirés de votre expérience personnelle, vous étayerez cette assertion de Sébastien de Dianous : « l'Afrique est au milieu du gué, s'efforçant de s'inventer un avenir mais refusant réellement de tourner le dos aux pratiques anciennes ».

Sujet 2 : commentaire composé

Exercice 1 · DEUXIÈME SUJET : COMMENTAIRE COMPOSÉ · 20 points

Nous sommes au début de l'œuvre. Le rideau s'ouvre sur un carrefour. Là attendent la femme et le souffleur. Apparaît ensuite le poète qui est recherché par le policier.

Le Poète :

Suspect. Suspect. Encore ce mot. Aussi loin que je me souvienne, c'est toujours le même scénario, le même. Narines pincées comme un bouledogue qui flaire de la mauvaise viande. Suspect. Au temps de mon ami, le peintre car il était classé suspect, lui aussi. Parce qu'il dessinait des images qu'on ne comprenait pas toujours. Alors de temps en temps, les flics faisaient une descente chez lui et perquisitionnaient. Ils déchiraient ses livres et ses cahiers et ils brisaient ses tableaux. Et comme ils ne trouvaient toujours rien, ils l'emmenaient et le brisaient en petits morceaux pour perquisitionner en lui. Après cela, on le revoyait. Et lui passait toutes les heures de ses journées à se recoller, à se replâtrer, à se remodeler. J'étais enfant. Je le regardais. Il disait que c'est pour l'intimider. Moi, je lui demandais : « Qu'est-ce que ça veut dire, intimider ? » Un jour, il est revenu. Et dans les restes de lui-même qu'il a rapportés et qu'il recollait, il n'a plus retrouvé sa langue. Et c'est fini. Il ne pourra plus jamais dire un mot. Un seul mot. Il ne peut que sourire.

C'est lui qui m'a appris à sourire et même à rire, à rire de tout : de moi-même, de mes fautes, de mes mésaventures. Il m'a appris à sourire.

Il disait que le sourire seul fait vrai. Qu'on ne peut pas sourire faux. Qu'on ne peut pas sourire méchant ou sourire cynique. On fait un rictus. C'est tout. On retrousse ses muscles comme on retrousse les manches pour cogner. Et nul n'est dupe. Il m'a appris à voir aussi. Il avait des yeux faits pour voir. De grands yeux de poète, grands comme les mers. Et pleins. Et voilés. Et quand ils te regardent, tu te sens transparent. Il m'a appris à voir à travers les choses opaques et closes, à prendre les choses de revers pour n'en deviner que l'endroit. Ici, on n'aimait pas ses yeux. On les trouvait suspects. On disait que c'étaient des gadgets d'espionnage, des caméras truquées, des yeux de sorcier, des yeux de voyant, des yeux de voyeur. Et voilà.

Lui, souriait parce qu'il ne savait pas qu'on allait les lui crever.

Kossi Efoui, Le Carrefour in Théâtre Sud, n° 2,
L'Harmattan, Paris, 1990. PP.78-79.

Vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous pourriez montrer, par exemple, comment le statut particulier de l'artiste fait de lui un martyr.

Sujet 3 : dissertation littéraire

Exercice 1 · TROISIÈME SUJET : DISSERTATION LITTÉRAIRE · 20 points

Dans Madame Bovary de Gustave Flaubert, un personnage disait que les ouvrages ne touchant pas le cœur s'écartaient du vrai but de l'art.

En vous appuyant sur des œuvres lues et étudiées, appréciez cette réflexion.

Sujet imprimé depuis scholio.tech. Les corrigés détaillés sont dans l’application Scholio.

Corrigé offert

Corrigé de la question I.1 (exercice 1)

La réponse

Deux séries de facteurs : externes (le 11 septembre, révélateur des frustrations du Sud ; l'échec du modèle économique libéral et des politiques de la Banque mondiale et du FMI ; le doute des pays industrialisés, qui profite aux économistes de gauche, aux ONG et à la société civile) et interne (la prise de parole des Africains eux-mêmes : Nepad, Union africaine, saisine de l'OMC sur le dossier cotonnier).

La démarche

  1. Barème Scholio : 1 point par série de facteurs.

Les erreurs à éviter

Ne citer que les sommets internationaux du §1 : ce sont des faits, pas des causes.

Les corrigés complets des 3 sujets sont dans l’application

Dans Scholio, l’élève traite ce sujet en temps limité, comme le jour de l’examen. À la fin, chaque question est corrigée, avec la démarche détaillée. Il voit tout de suite où il a perdu des points.

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