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Sujets de français du BAC 2026, séries A, B, C, D, E et H

Le jour de l’examen, chaque candidat choisit un des trois sujets de français. Les voici tous les trois, tels qu’ils ont été donnés en 2026, avec le corrigé de la première question du sujet 1.

  • Durée : 4 heures
  • Coefficient 2
  • Noté sur 20
  • 3 sujets au choix

Ce que couvre le sujet

Sujet 1
Un texte de Jeune Afrique sur la révolution urbaine en Afrique : deux questions de compréhension, un résumé au quart, puis une production écrite qui réfute une affirmation des auteurs.
Sujet 2
Le commentaire composé d’un extrait de roman ivoirien : le narrateur fait son examen de conscience au lendemain d’une nuit de beuverie.
Sujet 3
Une dissertation littéraire sur une phrase d’Alex Kipré : « Écrire est exclusivement un acte collectif. »

Comment le travailler

  • Choisissez votre sujet en cinq minutes, pas plus, et tenez-vous à ce choix : changer en cours de route coûte trop de temps.
  • Le sujet 1 rassure souvent les élèves des séries scientifiques. Mais le résumé exige un nombre de mots précis : entraînez-vous à compter.
  • Pour le commentaire et la dissertation, le plan compte autant que la rédaction. Une introduction claire annonce les deux ou trois parties.

L’énoncé complet

BAC 2026 · Français

Sujet officiel du BAC 2026, Côte d’Ivoire (A-B-C-D-E-H).

Français, séries A-B-C-D-E-H. Durée : 4 h · Coefficient : 3 en série A, 2 en séries B-C-D-E-H · 20 points. Le candidat traite UN des trois sujets.

Sujet 1 : questions, résumé et production écrite

Exercice 1 · I/ QUESTIONS (04 points) · 4 points

PREMIER SUJET : QUESTIONS – RÉSUMÉ – PRODUCTION ÉCRITE

La révolution urbaine en Afrique

L'Afrique est entrée pleinement dans la révolution urbaine. Ce processus conduira la majorité des Africains à vivre dans un environnement urbain. L'histoire des villes nous enseigne que le même processus s'est répété sur tous les continents : lors des révolutions industrielles et des phases de décollage économique, les villes ont été les locomotives du développement territorial. Ce phénomène est d'autant plus important dans une économie mondialisée. Shangaï ou Séoul en sont de belles illustrations.

Bien que récurrent, ce processus de corrélation entre croissances urbaine et économique n'a pourtant rien d'une mécanique nécessairement vertueuse : si le développement urbain est maîtrisé, il devient un levier qui sert et nourrit celui de l'économie, mais s'il reste incontrôlé, il devient un frein à une croissance économique durable.

Dans l'ensemble, la croissance urbaine de l'Afrique est décorrélée de son développement économique. Les deux dynamiques coexistent sans s'alimenter. Dans les grandes métropoles du littoral ouest-africain, comme Dakar, Abidjan ou Lagos, les capacités d'attraction et de rayonnement, héritées d'un positionnement géographique, géopolitique ou encore administratif particulièrement favorable, commencent à être sérieusement remises en question par l'accumulation des dysfonctionnements résultant d'un urbanisme désarticulé, d'un étalement non régulé et d'un retard en matière d'équipements urbains, en particulier dans les infrastructures de transport.

Pour le dire crûment, les grandes villes africaines sont encore loin d'être les moteurs économiques qu'elles devraient devenir. Elles ne constituent pas les pôles d'attractivité, de production et de connaissance qu'elles pourraient être sur un continent en pleine révolution démographique et économique. Plus grave, le risque de les voir entrer dans des cercles non vertueux existe bien, ceux où la gestion des villes deviendrait un problème de plus à régler sur le long chemin du progrès et du développement du continent.

Nos expériences croisées d'opérateurs économiques historiques de l'Afrique, celles du réseau des chambres de commerce africaines et francophones et celles des ateliers de maîtrise d'œuvre urbaine, nous autorisent à rappeler ce que doivent être les grandes lignes et les leviers d'une action visant à opérer cette rencontre entre l'urbain et l'économie.

D'abord, il faut réguler et maitriser la croissance urbaine à la source, celle de l'exode rural, par des politiques d'aménagement du territoire en renforçant les villes moyennes afin de répartir l'expansion urbaine en différents points et d'éviter les situations de macrocéphalie des capitales.

Ensuite, il est utile de poursuivre et amplifier l'équipement et la modernisation des infrastructures de communication et de transport ainsi que des réseaux de fourniture d'énergie. Il est également nécessaire de continuer également à sécuriser le cadre d'action des opérateurs, qu'il s'agisse de l'accès au foncier constructible, de la réglementation administrative et fiscale ou de la justice.

Enfin, il est important de reconnaître l'enjeu du développement économique urbain comme prioritaire au sein des politiques nationales, mobiliser les grands bailleurs de fonds sur les programmes de développement intégrés, associer davantage les acteurs économiques et démultiplier à l'échelle de chacune des grandes villes les cadres de concertation entre les autorités publiques et le secteur privé existant au niveau national.

L'enquête réalisée auprès des membres de la Conférence Permanente des Chambres Consulaires Africaines et Francophones (CPCCAF) et restituée lors de leur assemblée générale annuelle, à Cotonou, démontre que la prise en compte des enjeux de développement économique urbain est directement indexée sur le niveau de développement du pays. Ces enjeux sont reconnus dans les pays ayant bien amorcé leur décollage économique, notamment ceux du Maghreb ou ceux dotés d'une grande métropole urbaine : ils sont, en revanche, encore largement sous-estimés dans les autres. Le défi est donc double. Pour le premier groupe de pays, il s'agit de poursuivre la prise en charge des questions et problèmes posés ; pour le second groupe, d'anticiper et de ne pas attendre que la situation devienne problématique.

Pierre André PERISOL et Omar DERRAJI, Jeune Afrique, n° 2655
du 27 octobre au 3 novembre, 2011, p. 74.

  1. I.1

    Quelle est la thèse défendue par les auteurs de ce texte ? (2 pts)

  2. I.2

    Explique en contexte l'expression « macrocéphalie des capitales » (2 pts)

Le corrigé de cet exercice est offert, à la fin de l’énoncé

Exercice 2 · II/ RÉSUMÉ (08 points) · 8 points

Résumez ce texte de 635 mots au quart (1/4) de son volume initial. Une marge de plus ou moins 10% est tolérée.

  1. II

    Ton résumé : entre 143 et 174 mots (le quart de 635 mots, plus ou moins 10 %). Le compteur sous ta zone de texte t'aide.

Exercice 3 · III/ PRODUCTION ÉCRITE (08 points) · 8 points

  1. III

    Dans ce texte, Pierre André PERISOL et Omar DERRAJI affirment : « Les capacités d'attraction des grandes métropoles africaines commencent à être remises en question. »
    Réfutez cette assertion des auteurs dans un développement argumenté et illustré.

Sujet 2 : commentaire composé

Exercice 1 · DEUXIÈME SUJET : COMMENTAIRE COMPOSÉ · 20 points

Le narrateur, après une nuit de beuverie, fait une introspection sur le chemin de retour à la maison.

Je levai la tête vers le ciel. Le soleil était déjà très haut. Je mis la main à la poche pour savoir ce qui me restait. À peine de petites monnaies. J'avais une fois encore tout dilapidé.

Le temps était très beau dehors. De petits groupes de personnes endimanchées rentraient déjà de l'église. Tous avaient la mine joyeuse pendant que moi, je ruminais en silence mon remords. Au premier carrefour, je reconnus le « Maquis le Vallon » où la veille, j'avais pris la bouteille de trop. Des images confuses de mes derniers instants de “lucidité” passés là me revinrent alors comme des bribes de souvenir d'un rêve lointain. Je me rappelai néanmoins sans grande peine, le groupe qui avait surchargé plusieurs tables de bouteilles vidées. Ils étaient arrivés la veille, deux heures environ après nous et les voilà, encore prêts à “s'encrapuler” comme on disait dans le jargon. Je lançai un sourire crispé à l'un d'eux qui me regardait certainement parce qu'il m'avait reconnu. Ils étaient tous visiblement très heureux, se levaient par moments pour esquisser quelques pas de danse. À leur place, habituellement, j'avais le même sentiment. Je croyais lire dans les regards des passants, l'envie de se joindre à nous. Je croyais aussi qu'ils étaient séduits par les sommes faramineuses que nous déboursions pour toutes ces bouteilles. Et ce jour, comme passant, je les voyais autrement ; je les trouvais ridicules. J'éprouvais même de la compassion pour eux. Était-ce une belle manière d'exposer sa fortune en la “brûlant” ainsi ? Était-ce de la bravoure que de vider tant de bouteilles ? Pitié ! Celui à qui j'avais souri souleva son verre et le vida comme pour aiguiser mon appétit. C'est plutôt mon mépris qu'il s'attira. Je me résignai tout de même à admettre que c'était un exploit de passer toute une nuit à se saouler ainsi sans jamais être saoul. Mais quel mérite y avait-il à cela ?

Du « Maquis le Vallon » à la maison familiale, j'avais un bon demi-kilomètre à parcourir. Je ne voulais pas rencontrer des personnes qui me connaissaient et qui m'avaient certainement vu la veille. Il me fallait donc trouver des passages discrets. Il fallait aussi que je me préparasse déjà à affronter maman qui se trouvait certainement ébranlée en ce moment. À plusieurs reprises, je lui avais promis de changer. Quel crédit accorderait-elle maintenant à ce que je lui dirais ? Les discussions allaient être âpres et je le savais.

GUE Dan Désiré, Au-delà du vice, Éditions Vallesse, Abidjan, 2020, chap. I, pp 16-18.

Faites un commentaire composé de ce texte. Étudiez, d'une part, le regard du narrateur sur la vie mondaine et, d'autre part, les sentiments qui l'animent.

Sujet 3 : dissertation littéraire

Exercice 1 · TROISIÈME SUJET : DISSERTATION LITTÉRAIRE · 20 points

Dans la préface du livre Tu me fous les boules, vaincre le cancer, de sa consœur Agnès KRAIDY, publié chez Frat-Mat en 2016, le journaliste écrivain ivoirien Alex KIPRÉ affirme : « Écrire est exclusivement un acte collectif. »

Expliquez et discutez cette affirmation à partir d'œuvres littéraires lues ou étudiées.

Sujet imprimé depuis scholio.tech. Les corrigés détaillés sont dans l’application Scholio.

Corrigé offert

Corrigé de la question I.1 (exercice 1)

La réponse

Corrigé officiel : en Afrique, la croissance urbaine n'induit pas nécessairement une croissance économique ; ou : il n'y a pas de corrélation entre le développement économique et le développement urbain en Afrique ; ou : les deux dynamiques coexistent sans s'alimenter.

Pour les auteurs, la croissance urbaine de l'Afrique est décorrélée de son développement économique : mal maîtrisée, elle risque de freiner le progrès ; il faut donc maîtriser l'urbanisation et faire de l'économie urbaine une priorité pour que les villes deviennent les moteurs du développement.

La démarche

  1. Corrigé officiel (DECO, barème national) : 2 points (répartition thèse 1 + solution 1 : Scholio).

  2. NB de la commission : ce corrigé est donné à titre indicatif ; on évitera toute tendance à vouloir retrouver les termes exacts dans les copies.

Les erreurs à éviter

Donner le thème (l'urbanisation) au lieu de la thèse.

Les corrigés complets des 3 sujets sont dans l’application

Dans Scholio, l’élève traite ce sujet en temps limité, comme le jour de l’examen. À la fin, chaque question est corrigée, avec la démarche détaillée et les points du barème officiel. Il voit tout de suite où il a perdu des points.

Faire ce sujet dans l’application

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