Sujets de français du BAC 2025, séries A1, A2, B, C, D, E et H, avec corrigé
Le jour de l’examen, chaque candidat choisit un des 3 sujets de français. Les voici tous, tels qu’ils ont été donnés en 2025 aux séries A1, A2, B, C, D, E et H, avec le corrigé de la première question du sujet 1.
- Durée : 4 heures
- Coefficient 2
- Noté sur 20
- 3 sujets au choix
Ce que couvre le sujet
- Sujet 1 : questions, résumé, production écrite
- Le texte « La régression du texte » (D'après Jacques ELLUL, La parole humiliée , Seuil,1981.) : 2 questions. Un résumé de texte : Résumez ce texte de 607 mots au ¼ de son volume initial.
- Sujet 2 : commentaire composé
- Un texte tiré de CAMARA Nangala, La Ronde des Hyènes , Éditions CEDA, 2000.
- Sujet 3 : dissertation littéraire
- L’énoncé complet est ci-dessous.
Comment le travailler
- Le jour de l’examen, vous traitez un seul des 3 sujets. Prenez cinq minutes pour choisir, puis tenez-vous à votre choix.
- Dans le commentaire, chaque idée s’appuie sur une citation courte du texte.
- Gardez du temps pour relire : l’orthographe et la syntaxe sont notées.
- Lisez le texte deux fois : une fois pour le sens général, une fois crayon en main.
L’énoncé complet
BAC 2025 · Français
Sujet officiel du BAC 2025, Côte d’Ivoire (A-B-C-D-E-H).
Français, séries A-B-C-D-E-H. Durée : 4 h · Coefficient : 3 en série A, 2 en séries B-C-D-E-H · 20 points. Le candidat traite UN des trois sujets.
Sujet 1 : questions, résumé, production écrite
Exercice 1 · I- QUESTIONS (4 points) · 4 points
PREMIER SUJET : RÉSUMÉ DE TEXTE ARGUMENTATIF
La régression du texte
Nous vivons dans un monde de représentation du réel créé par une profusion d'images sans cohérence et changeantes. Ces images sont si plaisantes qu'un chroniqueur du journal le Monde (Juillet 1978) écrit :
« Il faut se faire une raison : nous vivons à l'âge de l'audiovisuel. La plupart des gens, les jeunes surtout, lisent peu, retiennent mal, oublient ce qu'ils ont appris à l'école et se souviennent à peine de ce qu'on leur a dit à la télé. Le mot recule davantage chaque jour derrière l'image, et pas n'importe laquelle mais l'image qui bouge et qui parle, non comme dans les livres, mais comme dans la vie, celle-là, oui, on la regarde. Les autres, on les efface en appuyant un bouton. En d'autres temps, au cinéma, avant d'avoir droit au film, on avalait, bien obligé, l'indigeste documentaire de tradition sur l'extraction du diamant au Brésil ou l'enfance de Chateaubriand en Bretagne. À présent, terminé ! On est libre de composer soi-même son programme. Personne ne peut nous obliger à “apprendre“ contre notre gré. »
Nous sommes ainsi libres, archi-libres. À condition bien-sûr d'entrer dans la “culture audiovisuelle“, d'accepter qu'on ne peut pas faire autrement, et que , en toute chose, il y a recul de la parole, du discours, de la lecture. Ceci étant acquis, (...) partout, il y a régression progressive du texte. Il suffit de considérer les livres de classe ou les magazines. Le retournement s'est effectué entre 1950-1960 : jusque-là l'image était une simple illustration d'un texte dominant. Le discours était la partie de loin la plus importante et accessoirement il y avait des images pour rendre plus concret le contenu du discours et fixer l'attention. C'était leur seul intérêt. Mais aujourd'hui la situation est inverse : l'image contient tout. Et nous suivons au fil des pages une succession d'images, selon un processus mental totalement différent. Le texte n'est là que pour combler les vides, les lacunes, et aussi pour expliquer éventuellement ce qui pourrait ne pas être clair dans les images : parfois en effet, si elles sont évidentes, elles ne disent pas nettement ce qu'il faut y comprendre. Le rapport s'est donc inversé : l'image était illustration d'un texte. Maintenant le texte est devenu explication des images. Parcourons d'un pas rapide notre univers d'images. L'enfant, dès le début de sa formation, se trouve environné de tableaux et de cartes. Ses livres sont illustrés, toujours plus intelligemment et plus luxueusement : non seulement ses livres d'étrennes, mais bien ceux de classe, qui n'ont pour but que de parler directement à sa sensibilité, de forcer son attention, d'éveiller un intérêt que le texte sombre et dense ne saurait provoquer. Et dans les classes même pas très modernes de nos écoles primaires, des photographies de paysages, de reproductions de tableaux ne sont pas là pour illustrer un enseignement, mais pour introduire l'embryon d'une inconsciente culture et suggérer un univers aux dimensions incommensurables avec la classe. L'enseignement se dispense plus aisément d'ailleurs au moyen de l'image, qui non seulement soutient, mais peut-être remplace un cours. Et l'on est unanime à proclamer qu'une image en apprend d'un seul coup davantage qu'un long discours. Il n'y a point de discussion, et les professeurs se désolent de n'avoir toujours pas le matériel suffisant pour montrer ce qui pourrait l'être, ou encore d'enseigner une science qui ne peut tout entière se réduire en symboles visuels.
607 mots
D'après Jacques ELLUL, La parole humiliée, Seuil,1981.
- I.1
Identifiez le thème traité dans ce texte. (2 pts)
- I.2
Expliquez en contexte la phrase : “ Le mot recule davantage chaque jour derrière l'image, et pas n'importe laquelle mais l'image qui bouge et qui parle”. (2 pts)
Exercice 2 · II- RÉSUMÉ (8 points) · 8 points
Résumez ce texte de 607 mots au ¼ de son volume initial. Une marge de plus ou moins 10% est tolérée.
- II
Ton résumé : entre 137 et 166 mots (le quart de 607 mots, plus ou moins 10 %). Le compteur sous ta zone de texte t'aide.
Exercice 3 · III- PRODUCTION ÉCRITE (8 points) · 8 points
- III
Jacques ELLUL affirme : « Il y a recul de la parole, du discours, de la lecture ».
Étayez cette affirmation dans un développement argumenté et illustré d'exemples.
Sujet 2 : commentaire composé
Exercice 1 · DEUXIÈME SUJET : COMMENTAIRE COMPOSÉ · 20 points
Fimokaha, quartier précaire. Ensemble informe d'habitations spontanées qui s'étend à perte de vue. Tumeur sur la capitale. Ici, s'entasse et s'acharne à survivre une certaine catégorie de citoyens : crève-la-faim, gagne-petit, laissés-pour-compte, vomissures et flétrissures de la société. Les citoyens de la cour des miracles.
Au nombre de ces citoyens de seconde zone, deux jeunes époux, Kahonaman et Djafakloban. Leur vie est une pirogue téméraire qui tangue avec une légèreté vaporeuse sur les crêtes des masses océaniques. Elle a l'obstination orgueilleuse et la grâce inquiète du roseau au milieu des éléments déchaînés. Les jeunes époux tiennent bon, malgré la traumatisante récession économique qui perdure et menace le pays d'asphyxie.
Djafakloban est un ouvrier appliqué, ponctuel, consciencieux. Pour tout dire, un ouvrier modèle. Il quitte la lointaine banlieue aux aurores alors que les astres nocturne et diurne s'attardent encore à se faire des câlins dans le ciel complice. Il s'enfonce dans l'autobus bondé de monde. Le voici au cœur de la mêlée bruyante et suante de chauves-souris, à visage humain, suspendus à qui mieux mieux aux barres de fer ou aux lanières de cuir fixées au plafond. Au coude à coude avec ses compagnons d'infortune, ramassis de citoyens de la périphérie du système, Djafakloban s'en va courageusement mériter son pain quotidien. En dépit du mouvement ascendant, de plus en plus vertigineux, des prix des denrées de première nécessité et de la stagnation déconcertante des salaires depuis une décennie, Djafakloban assume avec régularité et constance ses charges familiales. Il pourvoit aux besoins immédiats et urgents de sa petite famille. Il y parvient au prix de mille astuces, sacrifices et privations. Il n'hésite pas à effectuer de longues heures supplémentaires afin d'apporter quelque appoint à son maigre salaire.
CAMARA Nangala, La Ronde des Hyènes, Éditions CEDA, 2000.
Faites un commentaire composé de ce texte. Étudiez d'une part, les conditions de vie à Fimokaha et
d'autre part, l'image de Djafakloban que laisse transparaître le texte.
Sujet 3 : dissertation littéraire
Exercice 1 · TROISIÈME SUJET : DISSERTATION LITTÉRAIRE · 20 points
L'écrivain français Henri QUEFFELEC, dans le journal littéraire et artistique, les nouvelles littéraires, paru le 16 janvier 1961, écrit : « L'œuvre littéraire se crée, comme toute chose en ce monde, à partir de matériaux empruntés à la vie. »
Expliquez et discutez cette opinion de Henri QUEFFELEC en vous appuyant sur des œuvres littéraires lues ou étudiées.
Sujet imprimé depuis scholio.tech. Les corrigés détaillés sont dans l’application Scholio.
Corrigé offert
Corrigé de la question I.1 (exercice 1)
La réponse
Le thème : le rapport entre l'image et le texte, c'est-à-dire l'impact des médias audiovisuels sur la lecture, le recul du texte face à l'image (corrigé DECO).
La démarche
Corrigé DECO : « rapport image et texte ; l'impact des médias audiovisuels sur la lecture ; le recul du texte face à l'image (audiovisuelle) ».
Barème DECO : 2 points.
Les erreurs à éviter
Ne citer qu'un des deux termes (l'image ou le texte).
Les corrigés complets des 3 sujets sont dans l’application
Dans Scholio, l’élève traite ce sujet en temps limité, comme le jour de l’examen. À la fin, chaque question est corrigée, avec la démarche détaillée. Il voit tout de suite où il a perdu des points.
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