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Sujets de français du BAC 2014, séries A1, A2, B, C, D, E et H, avec corrigé

Le jour de l’examen, chaque candidat choisit un des 3 sujets de français. Les voici tous, tels qu’ils ont été donnés en 2014 aux séries A1, A2, B, C, D, E et H, avec le corrigé de la première question du sujet 1.

  • Durée : 4 heures
  • Coefficient 2
  • Noté sur 20
  • 3 sujets au choix

Ce que couvre le sujet

Sujet 1 : questions, résumé, production écrite
Le texte « Le livre dans l'impasse ? » (Jean-Louis Curtis, Question à la littérature , 1973.) : 2 questions. Un résumé de texte : Ce texte comporte 770 mots.
Sujet 2 : commentaire composé
Un texte tiré de Roger Poussi Wheauy, Cher Mon Pays, Ne Pleure Pas , Edilis, 2007, pp. 73-74.
Sujet 3 : dissertation littéraire
« Un livre a toujours été pour moi un ami, un conseiller, un consolateur éloquent et calme dont je ne voulais pas épuiser vite les ressources.

Comment le travailler

  • Le jour de l’examen, vous traitez un seul des 3 sujets. Prenez cinq minutes pour choisir, puis tenez-vous à votre choix.
  • Lisez le texte deux fois : une fois pour le sens général, une fois crayon en main.
  • Dans le commentaire, chaque idée s’appuie sur une citation courte du texte.
  • Faites un plan au brouillon avant de rédiger : il évite les répétitions.

L’énoncé complet

BAC 2014 · Français

Sujet officiel du BAC 2014, Côte d’Ivoire (A-B-C-D-E-H).

Français, séries A-B-C-D-E-H. Durée : 4 h · Coefficient : 3 en série A, 2 en séries B-C-D-E-H · 20 points. Le candidat traite UN des trois sujets.

Sujet 1 : questions, résumé, production écrite

Exercice 1 · I- QUESTIONS (4 points) · 4 points

Premier sujet : Résumé du texte argumentatif

Le livre dans l'impasse ?

Il est possible que la littérature telle que nous la connaissons, les livres tels que nous les pratiquons ne soient plus là pour très longtemps. On nous l'annonce, on nous le fait entrevoir à mille signes. Je ne suis ni prophète ni futurologue et ne hasarderai pas un pronostic ; mais c'est un fait que de notre vivant, si je puis dire, les choses ont déjà beaucoup changé autour de nous, nous ne voyons plus, nous n'entendons plus tout à fait de la même façon qu'il y a trente ans, nous ne lisons plus de la même façon qu'autrefois.

L'information instantanée et le bombardement continu des images auxquels nous sommes soumis ont modifié quelque peu notre perception du monde. Au XVème siècle, l'ordinateur vivant qu'est le cerveau humain recevait des programmes relativement simples, couvrant un espace mental et un espace géographique limités. Ces deux espaces se sont considérablement élargis, le premier recouvre toute l'étendue des connaissances, le second l'étendue de l'univers. On nous montre ce qui se passe à l'intérieur des molécules et on nous montre ce qui se passe à la surface de la lune lorsqu'on y marche. Nous savons comment va la politique au village et nous savons (moins bien) comment va la politique entre Moscou, Pékin et Washington. Par les moyens de vulgarisation que constituent les média, nous avons même de petites lumières sur les sciences. Nous ne comprenons pas bien ce que sont la relativité, les quanta⁽¹⁾, l'antimatière⁽²⁾, mais radio et télévision font tenir, par des spécialistes, des propos où ces mystères sont évoqués, sinon élucidés. Notre prise sur la connaissance ne s'opère plus exclusivement par la lecture, mais de plus en plus par l'image.

Ainsi, comme l'affirme Mac Luhan, sommes-nous en train d'émigrer : nous quittons la civilisation de l'écriture, la galaxie Gutenberg*, pour entrer dans une autre civilisation ; cette fin du XXème siècle est le temps où s'opère la migration, le passage. C'est pourquoi la littérature, en particulier, ne sait plus très bien où elle en est, ni comment elle doit s'exercer, dans un monde où ses anciens pouvoirs lui sont peu à peu ravis ; c'est pourquoi aussi la tentation est grande pour elle, puisqu'elle se voit débordée par l'image, de se replier sur elle-même, avec quelque dépit⁽³⁾, et de s'interroger — et d'interroger l'instrument qui la fonde et la conditionne, le langage. Les auteurs continuent d'écrire (et ils sont même, semble-t-il, de plus en plus nombreux) ; mais il n'est pas commode d'être assis à sa table de travail, le derrière entre deux galaxies. Ce n'est pas là une position décente pour un honnête homme.

Certains romanciers, par exemple, se demandent pourquoi le roman continuerait d'exister lorsque le cinéma fournit d'une façon plus efficace la plupart des émotions, des plaisirs que l'on demandait autrefois au roman. Pourquoi décrire une maison, un appartement, un personnage, quand l'écran nous les montre ? Pourquoi raconter des événements ? Le film les raconte selon une économie plus rigoureuse et plus saisissante, un rythme plus précis et plus enlevé. Pourquoi s'efforcer de plonger dans les consciences lorsqu'un regard, un geste, une intonation, que l'on voit, que l'on entend, nous en disent plus long en trois secondes qu'une plongée verbale de vingt pages ? De même la poésie : ce n'est plus exclusivement dans les livres que les jeunes d'aujourd'hui la recherchent, c'est aussi dans les films des grands metteurs en scène. Quand ils veulent des explications sur le mécanisme politique, c'est encore au cinéma qu'ils les demandent.

Certes, l'audience de quelques grands auteurs est vaste : Balzac, Tolstoï, Dickens ont des lecteurs dans tous les pays et dans les classes sociales où l'on a appris à lire ; et Shakespeare peut être joué n'importe où. Mais un livre aujourd'hui, même si sa diffusion dépasse les frontières nationales, ne s'adresse guère qu'à une certaine classe de lecteurs, non à plusieurs, non à toutes. La littérature écrite ne pourra plus concurrencer, sur le terrain en tout cas, les formes de fictions ou de poésie qui sont véhiculées par l'image.

Jean-Louis Curtis, Question à la littérature, 1973.

* titre de l'ouvrage du sociologue Mac Luhan qui symbolise la diffusion de masse de l'écrit facilitée par l'imprimerie.

⁽¹⁾ quanta : Quantité déterminée, proportion dans une répartition.
⁽²⁾ antimatière : Forme de la matière constituée d'antiparticules.
⁽³⁾ dépit : Amertume due à une déception, à une blessure.

  1. I.1

    Reformulez la thèse de l'auteur.

  2. I.2

    Expliquez en contexte les expressions :
    - « le bombardement continu des images ».
    - « une plongée verbale de vingt pages ».

Le corrigé de cet exercice est offert, à la fin de l’énoncé

Exercice 2 · II- RÉSUMÉ (8 points) · 8 points

Ce texte comporte 770 mots. Résumez-le au 1/4 de son volume initial. Une marge de plus ou moins 10% est tolérée.

  1. II

    Ton résumé : entre 174 et 211 mots (le quart de 770 mots, plus ou moins 10 %). Le compteur sous ta zone de texte t'aide.

Exercice 3 · III- PRODUCTION ÉCRITE (8 points) · 8 points

  1. III

    Réfutez la pensée de l'auteur selon laquelle le roman ne devrait pas continuer d'exister parce que le cinéma fournit d'une façon plus efficace la plupart des émotions.

Sujet 2 : commentaire composé

Exercice 1 · Deuxième sujet : Commentaire composé · 20 points

Briques

Reconstruire les murs de la république
Et reteindre le Drapeau national
Avec une âme pacifique.
Recoudre le tissu social
Avec l'aiguille du temps
Et le laisser sécher au soleil levant.

Repeindre l'homme
Refaire son toit de chaume.
Jeter dans la poubelle de l'oubli
Les fruits pourris,
Qui tombent de nos branches humaines
Avant les saisons prochaines.

Refonder les cœurs,
En extraire la peur.
Essuyer les gouttes de larmes,
De salives, qui salissent le bitume,
Qui rendent les routes glissantes,
La paix impuissante.

Revernir les meubles
Pour le repos du peuple.
Balayer la cour du village,
Ramasser les brindilles de colère,
Couper les racines des herbes sauvages,
Qui envahissent l'amour,
Qui éteignent le jour,
MA SEULE PRIÈRE !

Roger Poussi Wheauy, Cher Mon Pays, Ne Pleure Pas, Edilis, 2007, pp. 73-74.

Vous ferez de ce texte un commentaire composé. Vous étudierez les procédés par lesquels le poète invite ses concitoyens à la reconstruction de la nation en dépit des obstacles personnels qui pourraient l'entraver.

Sujet 3 : dissertation littéraire

Exercice 1 · Troisième sujet : Dissertation littéraire · 20 points

« Un livre a toujours été pour moi un ami, un conseiller, un consolateur éloquent et calme dont je ne voulais pas épuiser vite les ressources. »

En vous inspirant de votre expérience de lecteur, expliquez dans une argumentation organisée, cette opinion de George Sand.

Sujet imprimé depuis scholio.tech. Les corrigés détaillés sont dans l’application Scholio.

Corrigé offert

Corrigé de la question I.1 (exercice 1)

La réponse

Selon l'auteur, le livre et la littérature écrite sont menacés de disparition : nous passons de la civilisation de l'écrit à celle de l'image, et l'écrit ne peut plus rivaliser avec le cinéma et la télévision.

La démarche

  1. Barème Scholio (le sujet ne répartit pas les 4 points) : 2 points.

Les erreurs à éviter

Recopier la première phrase du texte : il faut reformuler.

Les corrigés complets des 3 sujets sont dans l’application

Dans Scholio, l’élève traite ce sujet en temps limité, comme le jour de l’examen. À la fin, chaque question est corrigée, avec la démarche détaillée. Il voit tout de suite où il a perdu des points.

Faire ce sujet dans l’application

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