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Sujets de français du BAC 2002, séries A1, A2, C et D, avec corrigé

Le jour de l’examen, chaque candidat choisit un des 3 sujets de français. Les voici tous, tels qu’ils ont été donnés en 2002 aux séries A1, A2, C et D, avec le corrigé de la première question du sujet 1.

  • Durée : 4 heures
  • Coefficient 2
  • Noté sur 20
  • 3 sujets au choix

Ce que couvre le sujet

Sujet 1 : questions, résumé, production écrite
Le texte « SAVOIRS SCIENTIFIQUES, SAVOIRS PAYSANS » : 2 questions. Un résumé de texte : Résumez le texte au 1/4 de son volume.
Sujet 2 : commentaire composé
Le texte « LE PIN DES LANDES ».
Sujet 3 : dissertation littéraire
L’énoncé complet est ci-dessous.

Comment le travailler

  • Le jour de l’examen, vous traitez un seul des 3 sujets. Prenez cinq minutes pour choisir, puis tenez-vous à votre choix.
  • Pour le résumé, respectez le nombre de mots demandé : il est vérifié.
  • Faites un plan au brouillon avant de rédiger : il évite les répétitions.
  • Gardez du temps pour relire : l’orthographe et la syntaxe sont notées.

L’énoncé complet

BAC 2002 · Français

Sujet officiel du BAC 2002, Côte d’Ivoire (A-B-C-D-E-H).

Français, séries A-B-C-D-E-H. Durée : 4 h · Coefficient : 3 en série A, 2 en séries B-C-D-E-H · 20 points. Le candidat traite UN des trois sujets.

Sujet 1 : questions, résumé, production écrite

Exercice 1 · I. QUESTIONS (4 points) · 4 points

PREMIER SUJET : CONTRACTION DE TEXTE

SAVOIRS SCIENTIFIQUES, SAVOIRS PAYSANS

L'Occident se comporte comme s'il y avait un savoir objectif, scientifique, rationnel, efficace, celui de la botanique, de la géologie, de l'agronomie, de la médecine, face à un vide du savoir, une ignorance.

On ne prête aux populations paysannes du Sud que des savoir-faire, des pratiques jugées archaïques, des techniques peu efficaces, le tout soumis aux superstitions, aux interdits religieux. Les savoirs traditionnels sont en revanche rarement perçus comme la manifestation d'une véritable connaissance de l'environnement.

En conséquence, les techniciens et scientifiques occidentaux pensent le plus souvent, dans les meilleures intentions du monde, d'ailleurs, que les solutions aux problèmes que connaît le tiers-monde ne pourront être élaborées qu'à partir du savoir scientifique et technique rationnel et efficient qui est le leur.

Cette attitude est évidemment lourde de conséquences : les termes même de développement ne sont pas innocents, car ils conditionnent, consciemment ou non, les comportements des experts occidentaux, des formateurs, des enseignants, des médias et ces jugements de valeurs se diffusent de manière pernicieuse dans les mentalités du Nord comme du Sud.

C'est trop souvent dans cet état d'esprit que s'élaborent les projets de développement agricole qui proposent d'optimiser les rendements, de rationaliser les productions par le biais de nouvelles techniques, l'utilisation de nouveaux outils et la promotion de nouveaux comportements en remplacement de pratiques traditionnelles jugées dépassées.

Convaincre les paysans du bien-fondé des solutions qu'on a élaborées pour eux, le plus souvent sans leur participation, n'est pas toujours chose facile. En effet, on pense souvent qu'il suffira de leur présenter de manière claire les avantages des solutions préconisées pour entraîner leur adhésion.

Or bien des expériences montrent que, sur le terrain, on se heurte à des résistances culturelles, des habitudes, des convictions religieuses, mais surtout à des façons de concevoir l'environnement.

Bien souvent lorsque ces projets échouent, on incrimine l'ignorance paysanne ou une inaptitude particulière à accepter l'innovation. Lorsque les consignes données aux paysans ne sont pas suivies, la conclusion va toujours être qu'elles n'ont pas été comprises. Or de nombreuses études montrent que si les paysans n'adoptent pas les nouvelles techniques préconisées, c'est souvent parce que celles-ci se heurtent à des contraintes dont les agronomes n'avaient pas tenu compte.

Le problème de fond semble bien être que l'expérience des paysans, leur très grande connaissance de leur environnement naturel ne sont pas prises en compte comme constituant un véritable savoir. Ces paysans ne sont consultés lorsque se définit le programme de développement pas plus qu'ils ne participent à l'élaboration des solutions techniques. Pourtant, ces savoirs-là sont, en grande partie, connus. Une masse considérable d'informations a été recueillie par des ethnologues depuis des décennies. Des disciplines se sont même constituées autour des savoirs populaires, que l'on regroupe sous le terme d'ethno-biologie. Ces études prouvent d'une façon indéniable que les agriculteurs de ces régions ont une très profonde connaissance du milieu naturel, qu'ils connaissent une infinie variété de plantes dont ils usent de toutes les manières possibles, pour se nourrir, pour s'abriter, pour se vêtir, pour se soigner, pour se parer, pour communiquer avec l'au-delà.

Ce sont des écologistes-nés : ils savent comment protéger les plantes, comment assurer leur reproduction, comment maintenir l'équilibre entre populations et environnement. Mais il semble que l'on ne sache pas bien comment utiliser ces études. On peut se demander en effet pourquoi la collaboration des spécialistes n'est pas systématiquement sollicitée, pourquoi la lecture des travaux qu'ils ont rédigés ne constitue pas un préalable à toute réflexion sur la faisabilité des projets de développement. Sans doute y a-t-il entre les ethnologues de terrain et les techniciens des projets de développement un important problème de communication et une méfiance réciproque.

Les ethnologues sont considérés par les agronomes comme des opposants systématiques à toute modernisation de l'agriculture, et inversement les ethnologues ont tendance à penser que les agronomes interviennent dangereusement sur des sociétés dont ils ignorent tout.

Les agronomes se réfugient derrière le fait que la mise en application du projet lui-même est assurée par des techniciens nationaux, locuteurs des langues nationales, formés et encadrés afin d'assurer la vulgarisation des nouvelles techniques, qui sont censés, du fait qu'ils en sont issus, mieux connaître les cultures traditionnelles concernées. Or, bien évidemment, ce n'est pas si simple. Tout d'abord parce qu'ils ne sont pas forcément originaires de la région où ils travaillent et que les comportements culturels peuvent varier considérablement à l'intérieur d'un même Etat. Ils ne parlent pas toujours la langue de leurs interlocuteurs paysans et n'en connaissent pas nécessairement les usages. Mais la complexité de leur position va au-delà d'une simple question de langue. Censés jouer le rôle de véritables intermédiaires culturels, ils ne sont le plus souvent, comme le signale l'ethnologue Jean-Pierre Olivier de Sardan, que des porte-parole du projet pour lequel ils ont été engagés.

Dominique ROLAND, in Diagonales,N°37 février 1996

  1. I.1

    Relevez dans le texte trois expressions qui expliquent le jugement de valeur dont sont victimes les populations paysannes.

  2. I.2

    Expliquez en contexte la phrase : « On se heurte à des résistances culturelles ».

Le corrigé de cet exercice est offert, à la fin de l’énoncé

Exercice 2 · II. RÉSUMÉ (8 points) · 8 points

Résumez le texte au 1/4 de son volume. Une marge de plus ou moins 10% est tolérée.

  1. II

    Ton résumé : entre 188 et 229 mots (le quart de 835 mots ; le sujet ne donne pas le nombre de mots du texte, compte Scholio fait comme le compteur : l'apostrophe sépare deux mots, le trait d'union non ; plus ou moins 10 %). Le compteur sous ta zone de texte t'aide.

Exercice 3 · III. PRODUCTION ÉCRITE (8 points) · 8 points

  1. III

    Dans un développement organisé et argumenté, vous étayerez ce point de vue de Dominique ROLAND : « Le problème de fond semble bien être que l'expérience des paysans, leur très grande connaissance de leur environnement naturel ne sont pas prises en compte comme constituant un véritable savoir. »

Sujet 2 : commentaire composé

Exercice 1 · DEUXIÈME SUJET : COMMENTAIRE COMPOSÉ · 20 points

LE PIN DES LANDES

On ne voit, en passant par les landes désertes,
Vrai Sahara français, poudré de sable blanc,
Surgir de l'herbe sèche et des flaques d'eaux vertes
D'autre arbre que le pin avec sa plaie au flanc ;

Car pour lui dérober ses larmes de résine,
L'homme avare(1) bourreau de la création
Qui ne vit qu'aux dépens de ceux qu'il assassine,
Dans son tronc douloureux ouvre un large sillon !

Sans regretter son sang qui coule goutte à goutte,
Le pin verse son baume et sa sève qui bout,
Et se tient toujours droit sur le bord de la route,
Comme un soldat blessé qui veut mourir debout.

Le poète est ainsi dans les Landes du monde ;
Lorsqu'il est sans blessure, il garde son trésor.
Il faut qu'il ait au cœur une entaille profonde
Pour épancher ses vers, divines larmes d'or !

Théophile GAUTIER (1811-1872), écrivain français, poème d'España (1845)

(1) avare : avide

Vous ferez de ce texte un commentaire composé.

Vous pourrez, par exemple, montrer comment en établissant une analogie entre le pin et le poète, l'exaltation de la douloureuse inspiration poétique est mise en évidence.

Sujet 3 : dissertation littéraire

Exercice 1 · TROISIÈME SUJET : DISSERTATION LITTÉRAIRE · 20 points

« Le poète est toujours notre contemporain », affirme la critique et romancière anglaise du 20ᵉ siècle, Virginia WOOLF, dans son ouvrage L'art du roman, éditions du Seuil, 1962, page 157.

Dans un développement argumenté et illustré d'exemples précis empruntés à vos lectures, vous apprécierez cette affirmation.

Sujet imprimé depuis scholio.tech. Les corrigés détaillés sont dans l’application Scholio.

Corrigé offert

Corrigé de la question I.1 (exercice 1)

La réponse

Par exemple : « des pratiques jugées archaïques », « des techniques peu efficaces », « le tout soumis aux superstitions, aux interdits religieux » (on trouve aussi « un vide du savoir, une ignorance », « l'ignorance paysanne », « une inaptitude particulière à accepter l'innovation »). Toutes présentent les connaissances paysannes comme dépassées et inférieures au savoir occidental.

La démarche

  1. Barème Scholio : 0,5 par expression juste + 0,5 pour le lien avec le jugement de valeur.

Les erreurs à éviter

Relever des expressions qui disent le contraire (« écologistes-nés », « très profonde connaissance ») : elles réfutent le jugement.

Les corrigés complets des 3 sujets sont dans l’application

Dans Scholio, l’élève traite ce sujet en temps limité, comme le jour de l’examen. À la fin, chaque question est corrigée, avec la démarche détaillée. Il voit tout de suite où il a perdu des points.

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