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Sujets de français du BAC 2016, séries F1, F2, F3, F4, G1 et G2, avec corrigé

Le jour de l’examen, chaque candidat choisit un des 3 sujets de français. Les voici tous, tels qu’ils ont été donnés en 2016 aux séries F1, F2, F3, F4, G1 et G2, avec le corrigé de la première question du sujet 1.

  • Durée : 4 heures
  • Coefficient 2
  • Noté sur 20
  • 3 sujets au choix

Ce que couvre le sujet

Sujet 1 : questions, résumé, production écrite
VOCABULAIRE 4pts — Le texte « Une crise planétaire de l'éducation » : 2 questions. RESUME 8pts — Un résumé de texte.
Sujet 2 : commentaire composé
Un texte tiré de Jules SUPERVIELLE, « Docilité » (La fable du Monde) Editions Seghers P. 15.
Sujet 3 : dissertation littéraire
André GIDE écrivait pour son lecteur : « Que mon livre t'enseigne à t'intéresser plus à toi qu'à lui-même, puis à tout le reste plus qu'à toi.

Comment le travailler

  • Le jour de l’examen, vous traitez un seul des 3 sujets. Prenez cinq minutes pour choisir, puis tenez-vous à votre choix.
  • Faites un plan au brouillon avant de rédiger : il évite les répétitions.
  • Dans le commentaire, chaque idée s’appuie sur une citation courte du texte.
  • Gardez du temps pour relire : l’orthographe et la syntaxe sont notées.

L’énoncé complet

BAC 2016 · Français

Sujet officiel du BAC 2016, Côte d’Ivoire (F-G).

Français, séries F-G (F1, F2, F3, F4, G1, G2). Durée : 4 h · Coefficient : 2 · 20 points. Le candidat traite UN des trois sujets.

Sujet 1 : questions, résumé, production écrite

Exercice 1 · I- VOCABULAIRE 4pts · 4 points

Premier sujet : Résumé du texte argumentatif

Une crise planétaire de l'éducation

Nous traversons actuellement une crise de grande ampleur et d'envergure internationale. Je ne parle pas de la crise économique mondiale qui a débuté en 2008 ; je parle d'une crise qui passe inaperçue mais qui risque à terme d'être beaucoup plus dommageable pour l'avenir de la démocratie, une crise planétaire de l'éducation.

De profonds bouleversements sont en train de se produire dans ce que les sociétés démocratiques enseignent aux jeunes et nous n'en avons pas encore pris toute la mesure. Avides de réussite économique, les pays et leurs systèmes éducatifs renoncent imprudemment à des compétences pourtant indispensables à la survie des démocraties. Si cette tendance persiste, des pays du monde entier produiront bientôt des générations de machines utiles, dociles et techniquement qualifiées, plutôt que des citoyens accomplis, capables de réfléchir par eux-mêmes, de remettre en cause la tradition et de comprendre le sens des souffrances et des réalisations d'autrui.

De quels bouleversements s'agit-il ? Les humanités et les arts ne cessent de perdre du terrain, tant dans l'enseignement primaire et secondaire qu'à l'université, dans presque tous les pays du monde. Considérées par les politiques comme des accessoires inutiles, à un moment où les pays doivent se défaire du superflu afin de rester compétitifs sur le marché mondial, ces disciplines disparaissent à vitesse grand V des programmes, mais aussi de l'esprit et du cœur des parents et des enfants. Ce que nous pourrions appeler les aspects humanistes de la science et des sciences sociales est également en recul, les pays préférant rechercher le profit à court terme en cultivant les compétences utiles et hautement appliquées adaptées à ce but.

Lorsque nous établissons des contacts sociaux, si nous n'avons pas appris à imaginer chez l'autre des facultés intérieures de pensée et d'émotion, alors la démocratie est vouée à l'échec, car elle repose précisément sur le respect et l'attention portés à autrui, sentiments qui supposent d'envisager les autres comme des êtres humains et non comme de simples objets.

Aujourd'hui plus que jamais, nous dépendons tous de personnes que nous n'avons jamais rencontrées. Les problèmes que nous avons à résoudre – qu'ils soient d'ordre économique, écologique, religieux ou politique – sont d'envergure planétaire. Aucun d'entre nous n'échappe à cette interdépendance mondiale. Les écoles et les universités du monde entier ont par conséquent une tâche immense et urgente : cultiver chez les étudiants la capacité à se considérer comme les membres d'une nation hétérogène (toutes les nations modernes le sont) et d'un monde encore plus hétérogène, et avoir une certaine compréhension de l'histoire et du caractère des différents groupes qui le peuplent.

Si le savoir n'est pas une garantie de bonne conduite, l'ignorance est presque à coup sûr une garantie de mauvaise conduite. La citoyenneté mondiale a-t-elle réellement besoin des humanités ? Elle nécessite certes beaucoup de connaissances factuelles que les étudiants peuvent acquérir sans formation humaniste – par exemple en mémorisant les faits dans des manuels standardisés (à supposer qu'ils ne contiennent pas d'erreurs). Pour être un citoyen responsable, toutefois, il faut autre chose : être capable d'évaluer les preuves historiques, de manier les principes économiques et d'exercer son esprit critique, de comparer différentes conceptions de la justice sociale, de parler au moins une langue étrangère, de mesurer la complexité des grandes religions du monde. Disposer d'une série de faits sans être capable de les juger, c'est à peine mieux que l'ignorance. Etre capable d'avoir une pensée construite sur un large éventail de cultures, de groupes et de nations et sur l'histoire de leurs interactions, voilà ce qui permet aux démocraties d'aborder de façon responsable les problèmes auxquels elles sont actuellement confrontées. Et la capacité à imaginer le vécu et les besoins de l'autre – capacité que presque tous les êtres humains possèdent peu ou prou – doit être grandement développée et stimulée si nous voulons avoir quelque espoir de conserver des institutions satisfaisantes, au-delà des multiples clivages qui existent dans toute société moderne.

“Une vie sans examen ne vaut pas la peine d'être vécue”, affirmait Socrate. Il vivait dans une démocratie friande de discours enflammés et sceptique à l'égard de l'argumentation, et paya de sa vie son attachement à cet idéal de questionnement critique.

Aujourd'hui, son exemple est au cœur de la théorie et de la pratique des enseignements de culture générale dans la tradition occidentale, et des idées similaires sont à la base du même enseignement en Inde et dans d'autres cultures non occidentales. Si l'on tient à dispenser à tous les étudiants de premier cycle une série d'enseignements relevant des humanités, c'est parce que l'on pense que ces cours les inciteront à penser et à argumenter par eux-mêmes, au lieu de s'en remettre simplement à la tradition et à l'autorité et parce que l'on estime que, comme le proclamait Socrate, cette capacité à raisonner est importante dans toute société démocratique. Elle l'est particulièrement dans les sociétés multiethniques et multiconfessionnelles. L'idée que chacun puisse penser par lui-même et échanger avec d'autres dans un esprit de respect mutuel est essentielle à la résolution pacifique des différends, tant au sein d'une nation que dans un monde de plus en plus divisé par des conflits ethniques et religieux.

Nombre de mots ≃ 850

Martha NUSSBAUM,
Courrier International N° 1025 DU 24 AU 30 JUIN 2010.

Note : le terme humanités désigne l'étude de la langue et de la littérature grecques et latines. Dans un sens plus actuel, il englobe l'histoire, la géographie, la philosophie, le droit, les langues et la littérature…, en gros toutes les disciplines qui n'entrent pas dans la catégorie des sciences dites "pures" ou "exactes".

QUESTIONS

Expliquez les expressions suivantes selon le contexte :

  1. I.1

    - Avides de réussite économique ;

  2. I.2

    - Questionnement critique.

Le corrigé de cet exercice est offert, à la fin de l’énoncé

Exercice 2 · II- RESUME 8pts · 8 points

Résumez le texte proposé au 1/4 de son volume initial avec une marge de tolérance de plus ou moins 10%.

  1. II

    Ton résumé : entre 192 et 233 mots (le quart de 850 mots, plus ou moins 10 %). Le compteur sous ta zone de texte t'aide.

Exercice 3 · III- PRODUCTION ECRITE 8pts · 8 points

  1. III

    « Si le savoir n'est pas une garantie de bonne conduite, l'ignorance est presque à coup sûr une garantie de mauvaise conduite. »

    Étayez cette affirmation de Martha NUSSBAUM.

Sujet 2 : commentaire composé

Exercice 1 · Deuxième sujet : Commentaire composé · 20 points

La forêt dit : « C'est toujours moi la sacrifiée,
On me harcèle, on me traverse, on me brise à coups de hache,
On me cherche noise, on me tourmente sans raison,
On me lance des oiseaux à la tête ou des fourmis dans les jambes,
Et l'on me grave des noms auxquels je ne puis m'attacher.
Ah ! On ne le sait que trop que je ne puis me défendre
Comme un cheval qu'on agace ou la vache mécontente.
Et pourtant je fais toujours ce qu'on m'avait dit de faire,
On m'ordonna : « Prenez racine ». Et je donnai de la racine tant que je pus,
« Faites de l'ombre ». Et j'en fis autant qu'il était raisonnable.
« Cessez d'en donner l'hiver ». Je perdis mes feuilles jusqu'à la dernière.
Mois par mois et jour par jour je sais bien ce que je dois faire,
Voilà longtemps qu'on n'a plus besoin de me commander
Alors pourquoi ces bûcherons qui s'en viennent au pas cadencé ?
Que l'on me dise ce qu'on attend de moi, et je le ferai,
Qu'on me réponde par un nuage ou quelque signe dans le ciel,
Je ne suis pas une révoltée, je ne cherche querelle à personne.
Mais il me semble tout de même que l'on pourrait bien me répondre
Lorsque le vent qui se lève fait de moi une questionneuse. »

Jules SUPERVIELLE,
« Docilité » (La fable du Monde)
Editions Seghers P. 15

Dans un commentaire composé, montrez comment à travers la personnification, Jules Supervielle traduit l'amertume que ressent la forêt face à la destruction dont elle est victime.

Sujet 3 : dissertation littéraire

Exercice 1 · Troisième sujet : Dissertation littéraire · 20 points

André GIDE écrivait pour son lecteur : « Que mon livre t'enseigne à t'intéresser plus à toi qu'à lui-même, puis à tout le reste plus qu'à toi. »

Vous commenterez cette affirmation, en vous appuyant sur des œuvres lues ou étudiées qui ont joué pour vous un rôle important pour votre formation personnelle et pour une meilleure compréhension du monde.

Sujet imprimé depuis scholio.tech. Les corrigés détaillés sont dans l’application Scholio.

Corrigé offert

Corrigé de la question I.1 (exercice 1)

La réponse

« Avides de réussite économique » : qui désirent avec excès, avec une sorte de gloutonnerie, le succès économique (la croissance, le profit, la compétitivité sur le marché mondial). Dans le texte, cette obsession pousse les États à sacrifier les humanités et les arts, jugés inutiles.

La démarche

  1. Barème Scholio : 1,5 pour le sens + 0,5 pour la rédaction.

Les erreurs à éviter

Donner un synonyme d'un seul mot sans tenir compte du contexte.

Les corrigés complets des 3 sujets sont dans l’application

Dans Scholio, l’élève traite ce sujet en temps limité, comme le jour de l’examen. À la fin, chaque question est corrigée, avec la démarche détaillée. Il voit tout de suite où il a perdu des points.

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