Sujets de français du BAC 2011, séries F1, F2, F3, F4, G1 et G2, avec corrigé
Le jour de l’examen, chaque candidat choisit un des 3 sujets de français. Les voici tous, tels qu’ils ont été donnés en 2011 aux séries F1, F2, F3, F4, G1 et G2, avec le corrigé de la première question du sujet 1.
- Durée : 4 heures
- Coefficient 2
- Noté sur 20
- 3 sujets au choix
Ce que couvre le sujet
- Sujet 1 : questions, résumé, production écrite
- Vocabulaire et compréhension du texte — Le texte « MÉTAMORPHOSES PLANÉTAIRES » (Henri LEFEBVRE, Le Monde Diplomatique, octobre – novembre 2006.) : 2 questions. Un résumé de texte : Résumez le texte au 1/4 de son volume, avec une marge de tolérance de plus ou moins 10%.
- Sujet 2 : commentaire composé
- Le texte « Tyaroye ».
- Sujet 3 : dissertation littéraire
- Selon un critique littéraire, « après bien des décennies de dénonciations, force est de constater que la littérature engagée a échoué, le combat vain.
Comment le travailler
- Le jour de l’examen, vous traitez un seul des 3 sujets. Prenez cinq minutes pour choisir, puis tenez-vous à votre choix.
- Dans le commentaire, chaque idée s’appuie sur une citation courte du texte.
- Pour le résumé, respectez le nombre de mots demandé : il est vérifié.
- Faites un plan au brouillon avant de rédiger : il évite les répétitions.
L’énoncé complet
BAC 2011 · Français
Sujet officiel du BAC 2011, Côte d’Ivoire (F-G).
Français, séries F-G (F1, F2, F3, F4, G1, G2). Durée : 4 h · Coefficient : 2 · 20 points. Le candidat traite UN des trois sujets.
Sujet 1 : questions, résumé, production écrite
Exercice 1 · 1- Vocabulaire et compréhension du texte · 4 points
Premier sujet : Résumé du texte argumentatif
MÉTAMORPHOSES PLANÉTAIRES
La critique de la ville moderne rejoindra tôt ou tard la critique de la vie quotidienne dans le monde actuel. Cependant, le bilan rencontre immédiatement quelques paradoxes. Le premier tient à ce que, plus la ville s'étend, plus les relations sociales s'y dégradent. Elle a connu une croissance extraordinaire dans la plupart des pays développés depuis la fin du siècle dernier, suscitant bien des espérances. Mais, en réalité, la vie en ville n'a pas donné lieu à des relations sociales entièrement nouvelles.
Tout se passe comme si l'extension des anciennes villes et la constitution de nouvelles servaient d'abri et de refuge aux rapports de dépendance, de domination, d'exclusion et d'exploitation. En bref, le cadre de la quotidienneté a été quelque peu modifié : les contenus n'en ont pas été transformés. Et l'on pourrait aller jusqu'à dire que la situation des citadins s'est aggravée en rapport, d'un côté, avec l'extension des formes urbaines et, d'un autre côté, avec l'éclatement des formes traditionnelles du travail productif. L'un va avec l'autre. L'apparition des nouvelles technologies aboutit simultanément à une autre organisation de l'espace urbain qui réagissent l'une sur l'autre et s'aggravent réciproquement plus qu'elles ne s'améliorent.
Il y eut une époque où le centre des villes était actif et productif, donc populaire. De plus, la cité existait surtout par son centre. La dislocation de cette forme urbaine a commencé vers la fin du dernier siècle, aboutissant à la déportation de tout ce que la population comptait d'actif et de productif, vers des banlieues de plus en plus lointaines. On peut en incriminer la classe dominante ; mais il faut ajouter qu'elle a seulement utilisé avec habileté une tendance de l'urbain et une exigence des rapports de production. Etait-il possible de maintenir des usines et des industries polluantes au sein des villes ?
Cependant le profit politique pour les hommes est clair : embourgeoisement des centres-villes, remplacement de cette centralité productive par un centre de décision et de services. Le centre urbain ne devient pas seulement un lieu de consommation, il prend en lui-même une valeur de consommation. Exportés ou plutôt déportés dans les banlieues, les producteurs reviennent en touristes vers le centre dont ils ont été dépossédés, expropriés. On voit aujourd'hui les populations périphériques réinvestir les centres urbains comme lieux de loisirs, de temps vide et inoccupé. Le phénomène urbain s'en trouve profondément modifié. Le centre historique a disparu comme tel. Il ne reste que, d'une part, les centres de décision et de pouvoir, et, de l'autre, des espaces factices et artificiels. Il est vrai que la ville persiste, mais dans un aspect muséifié et spectaculaire. L'urbain conçu et vécu comme pratique sociale est en voie de détérioration et peut-être de disparition.
Il s'y produit une dialectisation spécifique des rapports sociaux, et c'est un second paradoxe : centres et périphéries se supposent et s'opposent. Ce phénomène, qui a des racines lointaines et des précédents historiques célèbres, s'accentue, de nos jours, à tel point qu'il s'étend à la planète entière, par exemple dans les rapports Nord-Sud. D'où une question cruciale et qui déborde celle de l'urbain. S'agit-il de formes nouvelles qui surgissent ainsi dans le monde entier et qui s'imposent à la ville ? Ou bien s'agit-il, au contraire, d'un modèle urbain qui s'étendrait peu à peu à l'échelle mondiale ? Selon une troisième hypothèse, on assisterait aujourd'hui à des mutations, au cours d'une période transitoire, pendant laquelle l'urbain et le mondial se recoupent l'un l'autre et se perturbent réciproquement.
Poursuivons le bilan critique. Vers la fin du siècle dernier, la connaissance scientifique commença à s'occuper de la ville. La sociologie urbaine, comme discipline scientifique, s'inaugura en Allemagne, entre autres, avec Max Weber. Or cette science de la ville n'a pas tenu ses promesses. Elle a suscité ce qu'on appelle aujourd'hui l'« urbanisme », qui se résume en consignes très contraignantes pour la création architecturale et en informations très vagues pour les autorités et pour les gestionnaires. Malgré quelques efforts méritoires, l'urbanisme n'a pas accédé au statut d'une pensée de la ville. Et même, il s'est peu à peu rétréci jusqu'à devenir une sorte de catéchisme pour technocrates…
(752 mots)
Henri LEFEBVRE, Le Monde Diplomatique, octobre – novembre 2006.
QUESTIONS
Expliquez les expressions suivantes selon le contexte :
- I.1
Incriminer la classe dominante (§ 3) ;
- I.2
aspect muséifié (§ 4).
Exercice 2 · 2- Résumé · 8 points
Résumez le texte au 1/4 de son volume, avec une marge de tolérance de plus ou moins 10%.
Indiquez à la fin du résumé le nombre de mots utilisés.
- II
Ton résumé : entre 170 et 206 mots (le quart de 752 mots ; plus ou moins 10 %). Le compteur sous ta zone de texte t'aide.
Exercice 3 · 3- Production écrite · 8 points
- III
Selon Henri LEFEBVRE, « plus la ville s'étend, plus les relations sociales s'y dégradent. »
Dans un développement composé et à l'aide d'exemples précis, étayez cette affirmation.
Sujet 2 : commentaire composé
Exercice 1 · Deuxième sujet : Commentaire composé · 20 points
Tyaroye
Prisonniers noirs je dis bien prisonniers français, est-ce
donc vrai que la France n'est plus la France ?
Est-ce donc vrai que l'ennemi lui a dérobé son visage ?
Est-ce donc vrai que la haine des banquiers a acheté ses bras
d'acier ?
Et votre sang n'a-t-il pas ablué ⁽¹⁾ la nation oublieuse de sa
mission d'hier ?
Dites, votre sang ne s'est-il mêlé au sang lustral ⁽²⁾ de ses
martyrs ?
Vos funérailles seront-elles celles de la Vierge-Espérance ?
Sang sang ô sang noir de mes frères, vous tachez l'innocence
de mes draps.
Vous êtes la sueur où baigne mon angoisse, vous êtes la
souffrance qui enroue ma voix.
Wôi ! entendez ma voix aveugle, génies sourds-muets de
la nuit.
Pluie de sang rouge sauterelles ! Et mon cœur crie à l'azur
et à la merci.
Non, vous n'êtes pas morts gratuits ô morts ! Ce sang
n'est pas de l'eau tépide ⁽³⁾.
Il arrose épais notre espoir, qui fleurira au crépuscule.
Il est notre soif notre faim d'honneur, ces grandes reines
absolues.
Non, vous n'êtes pas morts gratuits. Vous êtes les témoins
de l'Afrique immortelle.
Vous êtes les témoins du monde nouveau qui sera demain.
Dormez ô morts ! et que ma voix vous berce, ma voix de
courroux que berce l'espoir.
Léopold Sédar SENGHOR, Hosties noires, 1974.
(réédité en 1990 pour la 5ᵉ fois ; le Seuil).
1-lavé, purifié
2-purificateur
3- tiède
Vous étudierez ce poème sous la forme d'un commentaire composé. Vous montrerez par exemple comment à travers l'hommage rendu aux martyrs noirs, le poète exprime son espoir en l'avenir.
Sujet 3 : dissertation littéraire
Exercice 1 · Troisième sujet : Dissertation littéraire · 20 points
Selon un critique littéraire, « après bien des décennies de dénonciations, force est de constater que la littérature engagée a échoué, le combat vain. L'Afrique n'a pas connu de mue ; certains maux se sont même accrus. Cette littérature doit alors disparaître. »
En vous appuyant sur des exemples précis d'œuvres littéraires que vous avez lues ou étudiées, discutez cette opinion.
Sujet imprimé depuis scholio.tech. Les corrigés détaillés sont dans l’application Scholio.
Corrigé offert
Corrigé de la question I.1 (exercice 1)
La réponse
« Incriminer la classe dominante » : accuser, rendre responsable la classe sociale qui détient le pouvoir économique et politique (la bourgeoisie, les dirigeants) de la « déportation » des travailleurs vers les banlieues lointaines. L'auteur nuance : elle n'a fait qu'exploiter une tendance de l'urbain.
La démarche
Barème Scholio : 1,5 pour le sens + 0,5 pour la rédaction.
Les erreurs à éviter
Donner un synonyme d'un seul mot sans tenir compte du contexte.
Les corrigés complets des 3 sujets sont dans l’application
Dans Scholio, l’élève traite ce sujet en temps limité, comme le jour de l’examen. À la fin, chaque question est corrigée, avec la démarche détaillée. Il voit tout de suite où il a perdu des points.
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